L’infirmière a coupé le cordon ombilical reliant le bébé à sa maman, mais cette fois ci il est coupé à tout jamais. La mère ne peut point prendre son nouveau né dans ses bras, l’allaiter, ni fêter son avènement et avec sa famille elle ne peut savourer le bonheur de sélectionner un prénom à son petit homme. Son bébé est bâtard. Après avoir tenté tantôt d’ensevelir le scandale avec le père légitime du fœtus- souvent échoué-, tantôt essayer d’avorter, autrement la femme accouche incognito et puis abandonne son progéniture à jamais, communément c’est la solution la plus recourue. La mère célibataire au Maroc est repoussée par une société préconisant l’union sacrée et stigmatisant toute relation sexuelle hors de l’institution du mariage.
Les mères célibataires en situation de détresse font partie souvent de la souche qui dépeint de la réalité rude de la conjoncture socio économique marocaine. Des ouvrières dans des usines, des petites bonnes placées par leurs parents au sein des familles aisées et autres, sont souvent victimes de leurs employeurs ; à la découverte de la grossesse la victime fut envoyée par son patron .Ce qu’elle a commis est atroce comment va-t-elle affronter son père, ses frères et par la suite la société.
Une enquête menée par l’institution national de solidarité avec les femmes en détresse (INSAF)révèle que 42% des mères hors de la loi sont analphabètes, pendant que celles qui sont parvenus à suivre des études primaires ont enregistré un taux de 35% tandis que 14% ont atteint le collège et 7% le lycée. Suite à une promesse non tenue de mariage, une relation amoureuse ou encore prostitution s’avèrent des cas où la femme peut tomber enceinte illégalement ce qui est équivaut à une rupture totale avec l’entourage inculpant, rejetant, blâmant et la mère d’avoir provoqué le déshonneur à sa famille, déclaré publiquement la perte de sa virginité et son enfant d’être adultérin. Sans inculper ni dédaigner le géniteur, la société tombée sous les jougs de traditions rejette le terme mère célibataire de son réservoir dialectal, au retour l’indifférence caractérise la vision vis-à-vis les hommes et leurs comportements. Rares sont-elles qui surmontent ce refus d’entourage, réussissent de persuader le géniteur afin qu’il reconnaît son bébé et enfin se réintégrer.
Etre engrossée par un premier venu promettant le mariage, la fille est en quête- hélas- oiseuse d’une cellule familiale, de la tutelle et d’amour. Elle tombe proie de bestialité, inhumanité des caprices de certains individus de la gent masculine, ainsi que de la cruauté d’un univers où ses droits et sa liberté sont restreints.
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