Ce Marock qui a coulé beaucoup d’encre est devenu affaire publique traitée au parlement.
Franchir les seuils des tabous, s’exprimer librement sont des revendications, slogans tellement répétés par l’intelligentsia marocaine dans divers domaines tels que le journalisme, cinéma. Les critiques virulentes et outrancières à l’égard de Marock lors de sa première projection au festival national du film à Tanger ont montré la vraie facette derrière laquelle s’abritent quelques journalistes, dramaturges et réalisateurs marocains.
Youri met sur lui la croix de David que Ghita ne cesse de la regarder, en se demandant est ce vrai que vous les juifs ne cherchez qu’a dépuceler les musulmanes ? Youri en se penchant vers sa bien aimée il lui met l’étoile de David autour du coup. Une séquence avait l’emprise de susciter une polémique et mettre le feu aux poudres. Etre traumatisé par cette séquence et par la suite le déroulement de l’histoire toute entière ne reflète qu’un refus vis-à-vis la culture de l’autre et point une critique cinématographique. Certains spectateurs marocains ont tant stigmatisé le film sous prétexte qu’il transmet des idées sionistes, n’est pas une production marocaine, une transgression vis-à-vis l’islam. Boycotter le film a été la revendication du syndicat des dramaturges, Mohamad Hassan Eljoundy a signé un communiqué «le film instrumentalise l’image pour faire passer une idéologie qui diffame les valeurs du Maroc et des Marocains. C’est un moyen d’incruster l’acculturation et la nouvelle francophonie» ou encore M. Asli qui conteste la marocanité de Marock et de sa réalisatrice. Une jeunesse issue de la classe « bourgeoise » casablancaise dorée qui s’éclate dans les boites de nuit, fornique…. Un mal de génération régnant sur l’atmosphère de ces jeunes tiraillés entre tradition et modernité, occidentalisé dans un pays musulman : Ghita ne parvient à saisir la relation unissant le judaïsme et l’islam ni se débarrasser des clichés et préjugés qui manipulent toute une société. Un choque générationnel surgit et gâche le bonheur de cette bande d’amis : Ghita ne jeûne pas le ramadan, tombe âprement amoureuse d’un juif dés lors elle navigue dans des eaux troubles et affronte le blâme de la famille. Bel et bien le simple spectateur se sentira heurter par une réalité probablement méconnue et ne fait pas parti de son vécu quotidien, sa protestation contre le film ou bien contre la réalisatrice sera justifiable. Mais quand la réalisatrice fait face aux détractions de la part des gens spécialistes en la matière cinématographique, ainsi que des élitistes .L’antilogie est frappante notamment que ces derniers se rendent compte que la réalisatrice vise à mettre en évidence une autre facette d’un Maroc voilé, ils militent et aspirent un cinéma marocain à l’échelle du cinéma hollywoodien.
Leila Marakchi dépeint la réalité marocaine aussi bien par le film que par la polémique engendrée par sa projection. Une réalité d’intolérance et d’extrémisme religieux trébuche encore la libre expression et la voix des jeunes.
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